Alarme et caméra : le système qui vous prévient
Installer une caméra de surveillance chez soi
Où placer une caméra, laquelle choisir, et ce que vous n'avez pas le droit de filmer. La voie publique et le terrain du voisin sont exclus, sans exception.
Par JM, ancien gendarme, OPJ et correspondant sûreté Relu en
Mis à jour le
Installer une caméra chez soi est devenu simple et abordable. Ce qui l’est moins, c’est de le faire correctement — et je commence volontairement par la loi, parce qu’une image obtenue illégalement ne vous servira à rien le jour où vous en aurez besoin.
Ce que la loi vous autorise à filmer
Chez un particulier, aucune autorisation ni déclaration n’est nécessaire. Les obligations déclaratives visent les lieux ouverts au public et les entreprises.
Mais une règle s’applique dès le premier jour : votre caméra ne doit filmer que votre propriété.
Sont interdits :
- La voie publique — trottoir, rue, place. C’est réservé aux autorités.
- La propriété des voisins, jardin compris.
- Les parties communes d’un immeuble, qui relèvent de la copropriété.
Vérifiez toujours le champ réel avant de fixer définitivement le support. Regardez ce que la caméra voit, pas ce que vous croyez qu’elle voit. La plupart des modèles récents proposent des masques de zone qui noircissent une portion de l’image : utilisez-les, et montrez le résultat à votre voisin. Ça évite bien des histoires.
Le cas des employés à domicile
Si vous employez une femme de ménage, une aide à domicile ou une garde d’enfants, vous devez l’informer de la présence des caméras et de leur emplacement. Et vous ne pouvez pas la filmer en continu à son poste de travail.
Ce qu’une caméra fait — et ne fait pas
Soyons clairs sur le rôle : une caméra ne fait pas fuir. Elle ne fait aucun bruit. Elle n’interrompt pas un cambriolage.
Elle sert à quatre choses, et elle les fait bien.
Vérifier. Quand une alerte part, vous voyez immédiatement s’il s’agit d’une vraie intrusion ou d’un faux positif. Ça évite d’appeler pour rien, et surtout de ne pas appeler quand il le faudrait.
Dissuader. Une caméra visible ajoute un risque pour celui qui envisage d’entrer. L’effet est réel mais limité : ne comptez pas dessus seul.
Prouver. Les enregistrements servent à l’enquête pour identifier les auteurs, et à votre assurance pour constituer le dossier. C’est là qu’elles sont le plus utiles.
Surveiller à distance. Vos enfants, un animal, une personne âgée, ou simplement vérifier que tout va bien pendant une absence.
Si vous ne devez installer qu’une chose, installez une alarme : c’est elle qui interrompt. La caméra vient ensuite.
Quel type de caméra
Intérieure ou extérieure. L’extérieure doit résister aux intempéries et disposer d’une vision nocturne correcte. L’intérieure est moins exigeante, moins chère, et souvent plus discrète.
Filaire ou sans fil. La filaire demande une alimentation et un raccordement réseau, elle est plus fiable. La sans-fil passe par le wifi et s’installe en quelques minutes — attention à la couverture wifi réelle à l’endroit visé, c’est le premier motif de déception.
Les fonctions. Vision nocturne et détection de mouvement sont les deux qui comptent vraiment. Le reste est souvent du confort.
Comment choisir une caméra intérieure
Où la placer
Trois principes.
Couvrez les passages obligés, pas les grands espaces. L’entrée, le couloir, le palier : tout le monde y passe. Une caméra qui filme un grand salon vide n’apprend rien.
Placez-la en hauteur et hors de portée. Une caméra accessible se débranche ou se retourne en quelques secondes.
Filmez le visage, pas le dessus du crâne. Une caméra placée trop haut et inclinée à la verticale donne des images inexploitables pour une identification. Visez la hauteur du visage à distance moyenne.
Un mot sur les enregistrements
Ne les conservez pas plus longtemps que nécessaire — un mois suffit pour un usage domestique. Au-delà, la conservation n’a plus de justification, et vous accumulez des images de vos propres proches sans raison.
Vérifiez aussi où ils sont stockés : sur une carte mémoire dans la caméra, ils disparaissent avec elle si on l’emporte. Un stockage déporté ou dans le nuage résout ce problème.
Le panorama des systèmes anti-intrusion · Trouver vos points faibles en 4 étapes
Les réponses à vos questions
Faut-il une autorisation pour installer une caméra chez soi ?
Non, chez un particulier aucune déclaration ni autorisation n'est nécessaire tant que la caméra ne filme que votre propriété. Les obligations déclaratives concernent les lieux ouverts au public et les entreprises. En revanche, l'interdiction de filmer au-delà de chez vous s'applique dès le premier jour.
Ai-je le droit de filmer la rue devant chez moi ?
Non. Filmer la voie publique est réservé aux autorités. Une caméra orientée vers le trottoir vous expose à des poursuites, et les images obtenues sont inexploitables. Si votre portail donne directement sur la rue, cadrez uniquement l'accès à votre terrain et vérifiez le champ réel avant de fixer le support.
Puis-je filmer mon jardin s'il jouxte celui du voisin ?
Votre jardin oui, celui du voisin non. C'est une source classique de conflit de voisinage, et le litige se règle rarement en votre faveur. Réglez le champ de vision, utilisez les masques de zone que proposent la plupart des caméras récentes, et montrez le résultat à votre voisin : cela évite bien des problèmes.
Faut-il prévenir les personnes filmées chez soi ?
Oui, s'il s'agit d'un employé à domicile — femme de ménage, aide à domicile, garde d'enfants. Vous devez l'informer de la présence des caméras et de leur emplacement, et vous ne pouvez pas la filmer en continu à son poste de travail. Pour vos invités, l'usage veut qu'on le mentionne, même si aucun texte ne l'impose.
Combien de temps peut-on conserver les enregistrements ?
Ne les gardez pas plus longtemps que nécessaire — un mois est une durée raisonnable pour un usage domestique. Au-delà, la conservation n'a plus de justification, et vous accumulez des images de vos propres proches sans raison.
Une caméra remplace-t-elle une alarme ?
Non. Une caméra ne fait pas de bruit, donc elle ne fait pas fuir. Elle sert à vérifier, à dissuader quand elle est visible, et à fournir des images exploitables pour l'enquête et l'assurance. C'est un complément de l'alarme, jamais un remplacement — l'alarme reste ce qui interrompt un cambriolage en cours.