Prévention Cambriolage

Alarmes

Alarme et caméra : le système qui vous prévient

L'équipement dont l'étude observe le meilleur effet est aussi le moins installé. Détecteurs, sirène, télésurveillance : ce qu'il vous faut vraiment.

Par , ancien gendarme, OPJ et correspondant sûreté Relu en

Mis à jour le

Si vous ne deviez installer qu’une seule chose chez vous, ce serait ça. L’étude de l’ONDRP est nette : l’alarme est l’équipement le mieux classé, avec une probabilité d’intrusion observée inférieure de 34 % en maison et de 47 % en appartement. Et c’est pourtant l’un des moins installés.

Voyons pourquoi elle marche, et comment choisir la vôtre.

Ce que fait une alarme, et ce qu’elle ne fait pas

Une alarme ne renforce rien. Elle ne fait gagner aucune seconde et n’empêche personne d’entrer. Son intérêt vient d’ailleurs : elle signale au cambrioleur qu’il a été repéré.

Or à cet instant, il ne sait rien. Ni qui a été alerté, ni si les voisins ont entendu, ni dans combien de temps une patrouille peut arriver.

Sur ce qu’il fait alors, je ne vous donnerai pas de pourcentage : personne ne l’a mesuré. Ce que j’ai constaté, c’est que les maisons équipées d’une alarme pouvaient être visitées rapidement, mais que les auteurs n’y prenaient pas grand-chose. Et de l’autre côté du téléphone, une alarme en cours changeait notre propre rythme : on était souvent appelés pour ces déclenchements, et savoir que des auteurs pouvaient être encore sur place motivait les équipages à y aller au plus vite.

C’est le seul dispositif de votre maison capable de produire cet effet-là, et c’est pour cette raison que je le place en premier.

Trois erreurs qui annulent le bénéfice

Une alarme bien posée peut être rendue inutile par trois négligences. Je les ai constatées plus d’une fois.

Le code ou le badge à côté du boîtier. Un papier collé sous le clavier, un badge posé sur le meuble d’entrée : désactiver le système devient une formalité.

Les clés dans l’entrée. Clés de voiture, clés de maison. Même alarme déclenchée, elles partent — c’est à portée de main et ça se prend en trois secondes.

Croire que l’alarme arrête tout net. Il s’écoule quelques secondes avant le déclenchement, puis quelques dizaines de secondes avant le départ. Ce qui est posé bien en vue dans l’entrée ou le salon peut disparaître dans cet intervalle. Rangez ce qui est petit, cher et facile à emporter.

De quoi se compose un système d’alarme

Les détecteurs, ses yeux et ses oreilles

Ce sont eux qui repèrent l’intrusion et préviennent la centrale. Quatre familles, qui ne font pas le même travail.

DétecteurCe qu’il repèreBon à savoir
Mouvement (infrarouge passif)les variations de chaleur dans un volumecouvre une pièce entière à lui seul ; prendre un modèle « immunisé animaux » si vous en avez
Ouverture (contact magnétique)la séparation de deux aimants sur une porte ou une fenêtrele moins cher ; permet d’armer le système en restant chez soi
Vibrationles coups et les tentatives de perçageplus coûteux, mais il détecte avant l’entrée
Bris de vitrela fréquence sonore du verre qui casseutile sur les grandes surfaces vitrées

Le détecteur de vibration mérite un mot. Il alerte pendant la tentative, pas après. Imaginez la sirène qui part alors que le cambrioleur est encore dehors : il y a de fortes chances qu’il abandonne sur-le-champ !

Les détecteurs d’ouverture, eux, ont un avantage qu’on oublie : ils ne réagissent qu’à l’ouverture. Vous pouvez donc armer votre alarme en allant vous coucher, tout en circulant chez vous.

La centrale, le cerveau

Elle reçoit les alertes et décide de la suite : déclencher les sirènes, activer les caméras, vous envoyer un message ou prévenir un centre de télésurveillance.

La sirène, ce qui fait partir

C’est la seule pièce du système qui mette réellement en fuite. Elle signale la détection, alerte les voisins, et peut attirer l’attention d’une patrouille qui passe.

Son impact est aussi physique. Le seuil de douleur se situe à 120 décibels, et des alarmes tout à fait abordables atteignent ce niveau. Rester dans la pièce devient très inconfortable.

Il existe aussi des générateurs de brouillard : en cas d’intrusion, la pièce se remplit en quelques secondes d’un brouillard inoffensif mais totalement opaque. On ne peut plus rien voir, donc plus rien prendre.

Télésurveillance ou alarme autonome ?

C’est la vraie question de budget, et il n’y a pas de mauvaise réponse.

La télésurveillance — Verisure, EPS, IMA Protect, Nexecur dominent le marché français — fournit le matériel, l’installe, l’entretient, contre un abonnement mensuel. Quand une alerte part, un opérateur lève le doute à distance par les caméras. S’il confirme l’intrusion, il demande un code connu des seuls occupants ; sans réponse valable, les forces de l’ordre sont prévenues. Certaines offres envoient même un agent sur place.

C’est efficace. C’est aussi un coût mensuel qui n’entre pas dans tous les budgets.

L’alarme autonome part de quelques dizaines d’euros, sans engagement. Les modèles corrects vous alertent directement sur votre téléphone : c’est vous qui appelez le 17. Vous perdez la levée de doute par un professionnel, vous gardez l’essentiel — la sirène qui fait fuir, et l’information immédiate.

Ce que coûte vraiment un abonnement · Notre sélection d’alarmes sans abonnement

Filaire, sans fil ou mixte

Le filaire est fiable mais suppose de passer des câbles, donc plutôt une construction ou une rénovation. Le sans-fil s’installe en une après-midi mais demande de surveiller les piles. Le mixte combine les deux.

Le détail des avantages et inconvénients

Et les caméras dans tout ça

Une caméra ne fait pas de bruit, donc elle ne fait pas fuir. Ne comptez pas sur elle pour interrompre un cambriolage. Elle sert à trois autres choses, et elle les fait bien.

Vérifier. Quand une alerte part, vous voyez immédiatement s’il s’agit d’une vraie intrusion ou du chat. Ça évite d’appeler pour rien, et surtout ça évite de ne pas appeler quand il le faudrait.

Dissuader. Une caméra visible, c’est un risque supplémentaire pour celui qui envisage d’entrer. C’est la seule des trois fonctions qu’un faux boîtier essaie de reprendre, et c’est aussi celle que l’étude mesure le plus mal : pourquoi la caméra factice est l’achat le moins défendable.

Prouver. Les images servent à l’enquête pour identifier les auteurs, et à votre assurance pour le dossier. C’est là qu’elles sont le plus utiles.

Comment choisir une caméra intérieure · Guide d’installation pour particuliers

Par où commencer

Détecter, c’est la moitié du travail. Retarder, c’est l’autre moitié — et pour savoir où poser vos détecteurs, il faut d’abord savoir par où l’on peut entrer chez vous.

Faire le tour de chez vous en 4 étapes · Ce que disent les chiffres

Les réponses à vos questions

Une alarme empêche-t-elle vraiment un cambriolage ?

Elle ne l'empêche pas, elle l'interrompt. Une alarme ne renforce rien et ne fait gagner aucune seconde : elle prévient le cambrioleur qu'il est repéré. Comme il ignore qui a été alerté et dans combien de temps quelqu'un arrivera, il repart le plus souvent sans insister. C'est le seul dispositif capable de faire ça.

Faut-il obligatoirement un abonnement de télésurveillance ?

Non. La télésurveillance ajoute la levée de doute par un opérateur et l'appel aux forces de l'ordre, ce qui a de la valeur, mais elle coûte un abonnement mensuel. Une alarme autonome bien choisie démarre à quelques dizaines d'euros et vous alerte directement sur votre téléphone : vous appelez le 17 vous-même. Pour beaucoup de foyers, c'est déjà l'essentiel du bénéfice.

Quel détecteur choisir si j'ai un chien ou un chat ?

Prenez un détecteur de mouvement dit « immunisé animaux », qui ne déclenche qu'au-delà d'un certain gabarit. Sinon, misez sur les détecteurs d'ouverture posés sur les portes et les fenêtres : ils ne réagissent qu'à l'ouverture, donc l'animal peut circuler librement, et vous pouvez armer le système même en étant chez vous.

Une caméra suffit-elle à la place d'une alarme ?

Non. Une caméra filme, elle ne fait pas de bruit et ne fait pas fuir. Elle sert à trois choses : vérifier ce qui se passe, dissuader quand elle est visible, et fournir des images exploitables pour l'enquête et l'assurance. C'est un excellent complément de l'alarme, pas un remplacement.

Où ne faut-il surtout pas mettre son code d'alarme ?

À proximité du boîtier. C'est une erreur que j'ai vue plus d'une fois : le code noté sur un papier collé sous le clavier, ou le badge posé sur le meuble d'entrée. Désactiver le système devient alors une formalité. Même logique pour les clés de voiture et de maison laissées dans l'entrée : même alarme déclenchée, elles partent.

Sources

  1. Le rôle des éléments de sécurité face aux cambriolages — Grand Angle n° 40ONDRP, avec l'INSEE · 2016-12
  2. L'échelle des décibelsBruitparif

Les estimations chiffrées de cette page proviennent d'une étude observationnelle publiée en 2016 à partir de données 2007-2015. Elles montrent une association statistique, pas une garantie individuelle.

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