Prévention Cambriolage

Baies vitrées

Sécuriser sa baie vitrée

À l'arrière, à l'abri des regards, avec une fermeture qu'un tournevis fait sauter. Le point faible le plus oublié, et comment le bloquer pour trois fois rien.

Par , ancien gendarme, OPJ et correspondant sûreté Relu en

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C’est souvent le vrai point faible d’une maison, et presque personne ne s’en occupe.

Trois raisons se cumulent. La baie vitrée se trouve généralement à l’arrière, loin des regards — donc on peut y travailler tranquillement. Elle est grande et de plain-pied. Et contrairement à ce qu’on imagine, son système de fermeture est souvent fragile : un simple tournevis peut en venir à bout.

Regardez votre système de fermeture

Que ce soit une baie vitrée ou une fenêtre coulissante, les points faibles sont les mêmes. Tout dépend de ce qui tient vos vantaux.

La serrure à un crochet : la plus répandue, la plus fragile

Le pêne est en forme de crochet. Il vient simplement s’accrocher en reposant sur la gâche fixée au montant.

Vous devinez la suite : un tournevis inséré au niveau du pêne, un mouvement de levier, et l’on brise soit le pêne soit la gâche. La baie s’ouvre.

La crémone à verrou double : nettement mieux

Celle-ci compte deux points de fixation dans le chambranle, et le pêne s’insère intégralement dans la gâche au lieu de se poser dessus.

Constaté sur le terrain

À ce jour, je n’ai jamais constaté d’effraction sur ce type de fermeture. Pour forcer une crémone à verrou double, il ne suffit plus d’un tournevis : il faut un pied-de-biche, ou un outil encore plus gros. Donc plus de bruit, plus de temps, et un risque bien supérieur pour celui qui s’y essaie.

JMancien gendarme, OPJ et correspondant sûreté

Si vous avez ce montage, vous êtes déjà correctement protégé. Sinon, la suite vous concerne.

Si vous faites poser une baie neuve

Là, un repère existe. La norme NF EN 1627 classe la résistance à l’effraction d’une menuiserie complète, de RC1 à RC6. Deux niveaux concernent un logement :

ClasseCe à quoi elle résiste
RC2une attaque aux outils simples — tournevis, pince
RC3une attaque au pied-de-biche

RC2 est le niveau généralement retenu pour un logement, et ce n’est pas un hasard : c’est exactement le seuil qui met hors de portée la méthode décrite plus haut, puisqu’elle repose sur un tournevis.

Sur une baie déjà posée, en revanche, ce classement ne vous sert à rien : c’est le verrou que vous ajoutez qui fait le travail.

Le principe : solidariser les deux vantaux

L’objectif est toujours le même — ajouter un point de sécurité indépendant de la serrure d’origine, qui empêche l’ouverture même si celle-ci venait à céder.

Trois formats existent, et le bon choix dépend surtout de la fréquence à laquelle vous ouvrez votre baie.

Le verrou simple

Le plus abordable. On perce un ou plusieurs trous en bas de la baie, et un axe de verrouillage vient bloquer le coulissement.

Le verrou à clé

Même principe, avec une clé. La sécurité est meilleure, mais c’est moins pratique au quotidien — et il faut que la clé soit accessible en cas d’évacuation.

Le verrou semi-automatique

Il se referme tout seul quand vous fermez la baie. C’est le meilleur compromis si vous ouvrez souvent : un verrou qu’on oublie d’enclencher ne protège de rien.

Notre sélection de verrous de baie coulissante

Deux solutions dont on vous parlera, et ce qu’elles valent

La barre dans le rail

C’est le conseil qu’on lit partout : caler un bâton ou une barre derrière un vantail. À première vue, c’est astucieux.

Le problème, c’est qu’une barre ne bloque qu’un seul vantail. Sur une baie à deux vantaux coulissants, vous laissez donc une chance sur deux. C’est mieux que rien, mais ne comptez pas dessus comme protection principale.

La poignée verrouillable

Là, il faut être clair : contre l’effraction, ça n’apporte rien. Aucun point de sécurité supplémentaire n’est ajouté, et ce qui cède n’est pas la poignée — c’est le pêne ou la gâche.

Son seul intérêt réel est d’empêcher un jeune enfant d’ouvrir la baie. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas de la sécurité anti-effraction.

Ensuite

Une baie vitrée sécurisée, c’est un point faible majeur en moins. Mais faites quand même le tour du reste : c’est toujours l’ouverture la plus faible qui décide.

Faire le tour de chez vous en 4 étapes · Ce que disent les chiffres

Les réponses à vos questions

Pourquoi la baie vitrée est-elle un point faible ?

Trois raisons se cumulent. Elle est presque toujours située à l'arrière du logement, à l'abri des regards, ce qui laisse le temps de travailler. Elle est grande et de plain-pied, donc facile à franchir une fois ouverte. Et surtout, son système de fermeture d'origine est souvent bien plus fragile qu'on ne le croit.

Une serrure à crochet est-elle suffisante sur une baie vitrée ?

Non, c'est le montage le plus vulnérable. Le pêne en forme de crochet repose simplement sur la gâche du montant : un tournevis inséré au niveau du pêne et un mouvement de levier suffisent à briser l'un ou l'autre. Une crémone à verrou double, avec deux points de fixation dans le chambranle, résiste bien mieux.

Une barre posée dans le rail protège-t-elle ma baie vitrée ?

Elle ne bloque qu'un seul vantail. Sur une baie à deux vantaux coulissants, il reste donc une chance sur deux que le cambrioleur s'attaque à celui qui n'est pas bloqué. C'est mieux que rien, mais ça ne remplace pas un verrou qui solidarise les deux vantaux entre eux.

Une poignée verrouillable améliore-t-elle la sécurité ?

Pas contre l'effraction. Elle n'ajoute aucun point de fixation supplémentaire : ce qui cède, ce n'est pas la poignée, c'est le pêne ou la gâche. Son seul intérêt réel est d'empêcher un enfant en bas âge d'ouvrir la baie.

Quel verrou de baie coulissante choisir ?

Le verrou simple est le plus abordable et demande un perçage. Le verrou à clé sécurise davantage mais devient contraignant au quotidien. Le verrou semi-automatique se referme tout seul quand vous fermez la baie : c'est le meilleur compromis si vous ouvrez souvent, parce qu'un dispositif qu'on oublie d'enclencher ne protège de rien.

Sources

  1. Norme NF EN 1627 — classification de la résistance à l'effractionCEN, diffusée en France par l'AFNOR

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