Prévention Cambriolage

Vous venez d'être cambriolé

Est-ce qu'ils reviennent ? Ce que j'ai constaté, et ce que les chiffres disent vraiment

C'est la question qu'on me posait le plus. C'est possible, mais je ne l'ai pas souvent constaté, et la phrase qu'on lit ailleurs parle du quartier.

Par , ancien gendarme, OPJ et correspondant sûreté Relu en

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C’est la question qu’on me posait le plus souvent, presque à chaque fois, et souvent avant la fin du constat. Voici la réponse courte : c’est possible, mais je ne l’ai pas souvent constaté. Je l’écris déjà sur la page qui traite du soir même, refermer un logement forcé, parce que c’est là qu’on se la pose.

Si vous cherchez ailleurs, vous allez trouver le contraire, ou presque : qu’un logement déjà cambriolé est plus exposé. Ce n’est pas faux. Ce n’est simplement pas une réponse à votre question, et la différence vaut la peine d’être posée.

La phrase qu’on lit parle du quartier, pas de votre porte

La mesure dont vient cette phrase porte sur des zones, pas sur des adresses. Vous la trouverez dans cette forme sur ce que les chiffres disent des équipements : les quartiers déjà touchés sont plus susceptibles de l’être encore.

Un énoncé sur un quartier et un énoncé sur une porte sont deux énoncés différents. Un quartier plus exposé que la moyenne le reste après votre cambriolage, pour exactement les raisons qui l’exposaient déjà avant : le type de logements, les accès, les jardins mitoyens, les voies de passage. Rien de tout cela n’a changé le jour des faits. Cela ne dit rien du tout sur la probabilité que la même équipe repasse par la même fenêtre.

Les deux peuvent donc être vrais en même temps, et c’est ce que j’ai vu : un secteur où les cambriolages se concentraient toujours aux mêmes endroits, et très peu de logements visités deux fois. Sur les résidences secondaires, le constat était encore plus net — une résidence secondaire n’était pas visitée différemment, et celles que nous avons eu à connaître l’avaient été une seule fois.

Pourquoi il n’y a pas de chiffre là-dessus

On pourrait attendre un pourcentage : tant de logements cambriolés une deuxième fois dans l’année. Vous n’en trouverez pas ici, et la raison est dans la façon dont les faits sont comptés.

Une infraction donne une procédure. Deux cambriolages, même chez la même famille, même à trois mois d’intervalle, donnent deux procédures. C’est la règle, et elle est logique du point de vue de l’enquête : ce sont deux faits distincts, avec deux enquêtes, éventuellement deux auteurs.

La conséquence est qu’un foyer cambriolé deux fois apparaît deux fois dans les comptes, sans que rien ne relie les deux lignes. Les statistiques publiées vous disent combien il y a eu de cambriolages sur un territoire. Elles ne vous disent pas combien de logements ont été touchés plusieurs fois. Ce n’est pas une lacune qu’on peut combler en cherchant mieux : l’information n’est pas produite sous cette forme.

Je préfère vous le dire plutôt que de vous donner un chiffre qui ne mesure pas ce que vous croyez.

Ce que la peur du retour fait acheter

Il y a un effet très concret de cette question, et je l’ai vu se répéter.

Constaté sur le terrain

Ce que les gens installaient après coup, quand ils décidaient de sécuriser, c’était une caméra et une alarme.

JMancien gendarme, OPJ et correspondant sûreté

C’est un réflexe compréhensible : après une intrusion, on veut savoir. Voir, être averti, ne plus être surpris. Et ce n’est pas un mauvais achat : l’étude de l’ONDRP place l’alarme en tête de ce qu’elle mesure, avec 34 % d’intrusions en moins observées en maison et 47 % en appartement. Il s’agit d’une étude observationnelle de 2016, qui montre une association statistique et non une garantie individuelle.

Mais une caméra et une alarme ont un point commun : elles détectent et elles signalent. Elles ne rendent aucune ouverture plus difficile à forcer. Elles n’ajoutent pas une seconde au temps qu’il faut pour entrer.

Or ce qui a rendu votre logement disponible, c’est une ouverture. Si le point d’entrée qui a été utilisé reste exactement tel qu’il était, il reste disponible — pas forcément pour les mêmes auteurs, et c’est là tout le sujet : pour le suivant qui passera dans la rue et qui le verra. La question n’est pas de savoir si eux reviennent. C’est de savoir si votre logement dit toujours la même chose.

Donc, dans l’ordre : l’ouverture qui a cédé d’abord — et sur une porte forcée, ce n’est pas toujours la serrure, c’est souvent le bâti, ce qu’explique sécuriser sa porte d’entrée. Ensuite les ouvertures restées disponibles. La détection après, et elle garde tout son intérêt. L’ordre des achats est détaillé sur protéger sa maison avec 500 €.

Ce que je fais de la question, quand on me la pose

Je ne me sers pas de la peur du retour pour faire refermer un logement le soir même. Ce n’est pas nécessaire : une ouverture forcée se voit depuis la rue, il n’y a plus rien entre le logement et le trottoir, et cela suffit comme raison.

Et pour la suite, la bonne question n’est pas « est-ce qu’ils reviennent ». C’est « par où sont-ils entrés, et qu’est-ce qui est resté ouvert ». Celle-là a une réponse, elle se trouve en faisant le tour de votre logement par l’extérieur, et elle ne dépend de personne d’autre que vous. La marche à suivre complète est sur que faire après un cambriolage.

Les réponses à vos questions

Les cambrioleurs reviennent-ils dans un logement qu'ils ont déjà cambriolé ?

C'est possible, mais ce n'est pas quelque chose que j'ai souvent constaté pendant mon service. Les résidences secondaires que nous avons eu à connaître avaient d'ailleurs été visitées une seule fois, pas plusieurs fois de suite. Je donne cela pour ce que c'est : ce qu'un gendarme a vu passer dans son secteur, et non une mesure nationale.

Pourquoi lit-on qu'un logement déjà cambriolé est plus exposé ?

Parce que la mesure dont vient cette phrase porte sur des quartiers, pas sur des adresses. Un quartier plus exposé que la moyenne le reste après des faits, pour les raisons qui l'exposaient déjà avant : le type de logements, les accès, les voies de passage. C'est une information utile, mais ce n'est pas une prédiction sur votre porte, et les deux énoncés peuvent être vrais en même temps.

Existe-t-il un chiffre sur le nombre de logements cambriolés deux fois ?

Pas que je puisse citer, et il y a une raison de comptage à cela. Une infraction donne une procédure : un foyer cambriolé deux fois apparaît deux fois dans les comptes. Les statistiques publiées disent donc combien il y a eu de cambriolages, pas combien de logements ont été touchés plusieurs fois.

Que faut-il acheter en premier après un cambriolage ?

L'ouverture qui a cédé, avant tout le reste. Ce que les gens installaient après coup, quand ils décidaient de sécuriser, c'était une caméra et une alarme : l'étude de l'ONDRP place effectivement l'alarme en tête de ce qu'elle mesure, avec 34 % d'intrusions en moins observées en maison et 47 % en appartement, sur une étude observationnelle de 2016 qui montre une association statistique et non une garantie individuelle. Mais ni une caméra ni une alarme ne rendent une ouverture plus difficile à forcer. Si le point d'entrée utilisé reste tel quel, il reste disponible.

Sources

  1. Le rôle des éléments de sécurité face aux cambriolages — Grand Angle n° 40ONDRP, avec l'INSEE (enquête « Cadre de vie et sécurité ») · 2016-12

Les estimations chiffrées de cette page proviennent d'une étude observationnelle publiée en 2016 à partir de données 2007-2015. Elles montrent une association statistique, pas une garantie individuelle.

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